Marcus Malte est un auteur qui prend régulièrement des chemins de traverse. Prix Femina 2016 avec Le Garçon, quelques escapades en noir avec le joyau Garden of Love, voici qu'il arrive sur les autoroutes avec Aires, le roman qui nous intéresse ici.
C'est un ouvrage ambitieux, de plus de 400 pages, un roman choral, virtuose dans sa langue et son architecture. Débutant dans une novlangue futuriste, il nous projette rapidement sur des aires d'autoroute, en un mois d'août brûlant. Une galerie de personnages vont se succéder. Du routier au vacancier, nous suivrons leurs états d'âme, l'occasion de faire un bout de route avec eux, de regarder dans le rétroviseur leurs parcours, leurs révoltes, leurs rêves et ambitions. Avec un constat à chaque fois, celui d'une société malade, à bout de souffle.
Une paternité foirée, le cancer, le sens de la vie, les politiques-tous-pourris, une DG qui craque, la fin d'un amour qui a donné naissance à deux enfants, les projets d'avenir de deux tourtereaux. La vie à 130 kilomètres par heure, la deux fois deux voies avec ses dangers, ses glissières de sécurité et les cafétérias de l'Arche.
Nul ennui dans ce long roman singulier, plutôt une mélancolie tenace une fois la dernière page tournée. Un ouvrage de son temps, celui d'un monde absurde qui se meurt.
À ne surtout pas manquer.
Aires / Marcus Malte. - Zulma. 2020. 487 p.


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