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vendredi 15 mai 2020

Y'a pas que Netflix dans la vie

Si comme nous, vous ne savez pas trop quoi regarder depuis que vous avez lâché les chaînes d'infos et que vous ne voulez pas lâcher vos données personnelles à Netfric, on ne peut que vous conseiller ce passionnant documentaire sur Joe Isaacs, batteur jamaïcain à l'origine du rocksteady chez Studio One, ayant joué sur les plus grands titres de Ken Boothe, The Heptones, Alton Ellis, Sound Dimension, Desmond Dekker, Toots & The Maytals ou certaines des chansons des Wailers.
On y croise tous les artistes mentionnés ci-dessus, mais également des pointures comme Jackie Mittoo, Sly Dunbar, Earl Chinna Smith, Willie Williams, The Melodians, ainsi que des images d'archives de The Clash, Sean Paul, Sublime ou Snoop Dogg Lion (qui reprendront des chansons sur lesquelles il avait originellement joué). 

A visionner sur Youtube et en plus c'est sous-titré (en anglais) :


Dans le même esprit, on trouve également sur Youtube un documentaire sur les mythiques Toots & The Maytals, groupe jamaïcain ayant débuté lors de la période ska et qui connut son apogée lors de la période early reggae grâce à son chanteur fortement marqué par Otis Redding et des chansons qui seront reprises ou samplées par des artistes aussi divers que The Clash, The Specials, Amy Winehouse, Kortatu, Fermin Muguruza, Gov't Mule, Kylie Minogue, Robert Palmer, The Oppressed, Willie Nelson, Keith Richards ou les déjantés japonais Melt Banana. Un documentaire à visionner ci-dessous :


Toujours sur Youtube, un intéressant documentaire réalisé en 1995 par Armelle Fauvel sur le ska, ancêtre du reggae mélangeant rhythm & blues, jazz et rythmes caribéens. Ce doc raconte l'histoire de cette musique de ses origines en Jamaïque en passant par le revival anglais de la fin des 70's, son développement à l'international avec les américains The Toasters ou les allemands The Busters. Un passionnant mélange d'images d'archives et de prestations en concert d'artistes français, dont La Marabunta, Les Frelons, Skarface, Dirty Disctrict et bien d'autres à visionner ci-dessous (et là c'est en français !) :


Toujours en français, un petit documentaire sur le reggae diffusé  en 1979 à la télé avec voix off de Patrice Drevet, extrait des images d'archives de l'INA :


Le même Patrice Drevet qui interviewait Serge Gainsbourg pour son mythique concert au Palace en 1979 pour TF1, extrait des archives de l'INA :



Le site de l'INA regorge de pépites méconnues, ainsi ces images tournées du vivant de Bob Marley et de ses concerts en France, diffusés lors des journaux  TV :

mercredi 13 mai 2020

Sur un air de tango

"Ce mercredi 27 septembre 1965 à 15 h 02, Alberto Martinez Tobar, le trésorier général, entra dans la succursale de la Banque de la Province de Buenos Aires à San Fernando. Un homme grand, au visage rougeaud et aux yeux saillants, qui, à quarante ans tout juste, n'avait plus que deux heures à vivre."
Sobre et efficace, Argent brûlé, un roman noir de l'argentin Ricardo Piglia, paru en 1997. Dans la veine de De sang-froid de Truman Capote.

Argent brûlé / Ricardo Piglia. - Zulma, 2010. Traduction de François-Michel Durazzo. 261 p.

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dimanche 29 mars 2020

Hommage confinés

En cette période étrange, Ouais ? sort de son silence non pas pour rédiger un journal de confinement (trop évident) ni proposer un morceau acoustique de chez soi ou bien encore étaler une science qu'il n'a pas à propos du Coronavirus, mais pour rendre hommage aux nombreux artistes récemment décédés :

Bob Andy (1944-2020) : un des plus grands songwriters jamaïcains, auteur de tubes intemporels comme I've got to go back home, Unchained, Too Experienced, My time, Desperate Lover, I don't want to see you cry, Feel like jumping, Always Together ou Young gifted & black (en duo avec sa compagne, la grande Marcia Griffiths), des classiques qui seront repris par Gregory Isaacs, Dennis Brown, John Holt, The Bodysnatchers, Daddy Nuttea, Barrington Levy, UB40 et plein d'autres
Son magnifique album Bob Andy's Songbook est en écoute sur le Bandcamp de Studio One :



L'excellente émission de radio américaine Algoriddim lui a également consacré une très bonne émission en 2008, à réécouter ci-dessous :





Manu Dibango (1933-2020), grande figure de la musique d'origine camerounaise, auteur de pépites comme Soul Makossa bien sûr, mais aussi Electric Africa (avec Bill Laswell et Herbie Hancock), Iron Wood, Baobab Sunset, Ah ! Freak Sans Fric, Poinciana, Africadelic, ou Africa Boogie. Parmi la pléthore de disques qu'il a enregistrés au cours de sa longue carrière (décédé à l'âge de 86 ans, il continuait de donner des concerts dont ce spectacle donné à l'occasion de ses 60 ans de carrière en 2019), quelques curiosités dont ce disque de 1979, Gone Clear (aussi connu sous le nom de Rasta Souvenir) où il donne une vision jazzy de classiques du reggae en compagnie de la mythique section rythmique composée de Sly & Robbie



 
Parmi les décès récents, notons également le compositeur et chef d'orchestre Krzysztof Penderecki (1933-2020), responsable l'année dernière d'une belle version de la symphonie n°3 d'Henryk Górecki chantée par Beth Gibbons de Portishead :

 


Ainsi qu'Albert Uderzo (1927-2020), l'un des 2 papas d'Astérix, par ailleurs parolier de quelques chansons accompagnant les dessins animés, mais pas celles de ce morceau inoubliable qui, contrairement à ce que dit Soulseek, Youtube ou Chinese Man, ne s'appelle Le pudding à l'arsenic mais Le gâteau empoisonné :



Ou Albert Craig dit Apple Gabriel, membre fondateur d'Israel Vibration, groupe reggae ayant la particularité de n'être formé que par des chanteurs atteints de poliomyélite, auteur d'un magnifique premier album sur lequel on retrouvait leur tube, The Same song



Et toujours dans le monde du reggae, Delroy Washington (1952-2020), chanteur anglo-jamaïcain, auteur de 2 bons albums pour Virgin/Front Line à la fin des 70's : 



Enfin, dans un autre style, Gabi Delgado (1958-2020), fondateur du groupe D.A.F., pionnier dans les 80's de la Neue Deutsche Welle (en gros la new wave allemande), interprète de tubes electro-punk provocateurs comme Der Mussolini :

 

vendredi 1 mars 2019

Les conseils TV de Ouais ?

Ce lundi 4 mars 2019, France 3 rediffuse Le Clan des Siciliens, un film de 1969 signé Henri Verneuil, spécialiste du polar à la française. Malgré la présence de grands noms du cinéma tels que Jean Gabin, Alain Delon ou Lino Ventura, Ouais ? ne l'a pas encore vu mais connaît parfaitement sa musique, une partition entêtante signée du maestro Ennio Morricone :


Un thème qui sera notamment repris dans Astérix aux Jeux Olympiques, dans la comédie Seuls Two d'Eric & Ramzy, ainsi que par le déjanté saxophoniste John Zorn par 2 fois, une première en 1990 au sein du groupe Naked City :

 

Et une seconde fois en 2000 pour la réédition de l'album hommage à Ennio Morricone, The Big Gundown :


Sinon, mardi prochain, le 5 mars, il sera difficile de choisir entre la comédie familiale Rasta Rocket sur Gulli ou sur NRJ 12 Heat, un face à face de 3 heures entre Al Pacino et Robert De Niro sous la houlette du producteur de Deux flics à Miami


Jeudi 7 mars, vous avez le choix entre LOL, nanar avec Sophie Marceau sur M6, ou Pale Rider, un western crépusculaire et fantomatique diffusé sur France 3. Chez Ouais ?, on aime bien les nanars mais faut pas trop pousser non plus. Donc on opte pour Pale Rider, avec un Clint Eastwood aussi habile à prêcher la bonne parole à des chercheurs d’or qu’à manier le Colt Remington pour anesthésier ceux qui voudraient les chasser de leur terre. Clint Eastwood, après la période spaghetti, fait des heures sup’ dans le western. Pale Rider est dans l’esprit assez proche de Josey Wales hors-la-loi, plus verbeux mais tout aussi efficace. Désolé pour les aficionados de Sophie Marceau, mais avec le printemps qui va arriver, on devrait bien avoir une énième rediffusion de La Boum sur le petit écran. On vous promet alors une analyse pointue de Reality, le chef d’œuvre de musique spectrale signé Richard Sanderson.


Hommage à André Prévin

Chez Ouais ?, on aime bien les grands écarts, et à cet égard nous souhaitions rendre hommage au récemment décédé André Previn (1929-2019), pianiste et chef d'orchestre reconnu dans le domaine de la musique classique mais également capable de nous pondre quelques excentricités 70's telles que cette superbe BO de Rollerball, mythique film SF des années 70, qui voit Jean-Sébastien Bach ou Dimitri Chostakovich côtoyer des pépites funky de ce genre : 

A noter que ce chaud lapin (il fut marié 5 fois, dont à l'actrice Mia "Rosemary's Baby" Farrow ou à la violoniste Anne-Sophie von Mutter) baigna aussi dans le jazz en tant que pianiste, en leader ou en accompagnant Shelly Manne ou Benny Carter. C'est également à lui (et à sa femme de l'époque, Dory) que l'on doit cette chanson composée pour Frank Sinatra (qui fût également marié à Mia Farrow en 1966, année de l'enregistrement de cette chanson, de là à supposer des choses cela ne nous regarde pas...) :


lundi 4 février 2019

T'as vu y'a Alan Stivell à la Cigale ? Hein, quoi Steven Seagal ?

Ce soir, lundi 4 février, concert d'Alan Stivell à la Cigale, mais chez Ouais ? on préfère quand même Steven Seagal qui, quand il ne joue pas dans des films cultes, pousse la chansonnette de temps à autres, notamment sur cette superbe reprise de My Boy Lollipop :


A la base, My Boy Lollypop (avec un y) est un morceau de 1956 interprété par la chanteuse R&B Barbie Gaye :


Au début des années 60, le Rhythm & Blues américain donne naissance au ska jamaïcain. Un des titres qui va faire connaître le ska dans le monde est une version de My Boy Lollipop par la toute jeune Millie Small (17 ans si nos calculs sont bons). Cette version sera si populaire que les monsieurs je-sais-tout du web 2.0 affirment que la version originale de 1956 est un morceau de ska (même si elle date d'avant la naissance du ska) :


La même année que la version de Millie Small, les yéyés ne perdent pas de temps et adaptent très rapidement en français cette chanson qui deviendra C'est toi mon idole par Agnès Loti, Les Gam's (formées par des choristes de Gilbert Bécaud) ou Les Mitoufle :




Bref, des versions de cette chanson il y en a des paquets, peut-être même qu'Alan Stivell la reprendra après avoir lu ce post...

dimanche 28 octobre 2018

Merci pour tout Philippe Gildas



Ouais ? voulait rendre hommage à Philippe Gildas (1935-2018), grand monsieur de la télé, présentateur de la mythique émission TV Nulle Part Ailleurs qui a permis à une partie de l'équipe du blog de découvrir plein de bonnes choses durant son adolescence, que ce soit en littérature, humoristes, idées socio-politiques, cinéma ou bien évidemment musique avec les mythiques NPA Live dont voici une belle playlist :

vendredi 19 octobre 2018

Y'a plus de saison !

L’équipe de Ouais ? avait ressorti les parkas et les bonnets mais force est de constater que l’été dure. Et donc on a en tête ce slow de Joe Dassin, sorti en 1975. La carrière de Joe est alors au point mort. Lors d’une sauterie en Italie, il tombe sur le scopitone de la chanson Africa de Toto Cutugno. Il suffit d’un arrangement de cordes bien sucré, d'une trompette lancinante sur la fin et d'une voix travaillée au cigarillo pour que Joe atteigne la 11ème place des meilleures ventes en Turquie. De quoi filer des sueurs froides en allant chercher votre prochain complet mayonnaise ketchup aux Délices d’Istanbul.



Pour les puristes, ce titre a été repris plusieurs fois, notamment cette excellente version : 



Pour les encore plus puristes, la chanson aurait inspiré le nom d’un mythique groupe de punk hardcore DIY américain, Indian Summer, formation pionnière de l’emo des 90’s.

vendredi 12 octobre 2018

Conseil TV du dimanche : de la neige et des rastas

Ce dimanche 14 octobre, 6ter rediffuse un nanar classique des années 90 : Rasta Rockett (Cool runnings en VO), l’histoire improbable mais pourtant vraie de l’équipe de bobsleigh jamaïcaine, un pays qui ne voit pas beaucoup la neige mais qui participe quand même aux Jeux Olympiques d’hiver.


Outre le film gentillet made in Disney, ce qui a marqué les esprits à l’époque, c’est sa BO, comprenant notamment la star du ragga de l’époque Super Cat, la grande Diana King, les vétérans Wailing Souls et surtout Jimmy Cliff, avec l’un des tubes de l’été 94 : I can see clearly now .



Le saviez-vous ? Cette chanson est en fait une reprise de Johnny Nash, chanteur soul américain qui fût également un temps producteur de Bob Marley (pas sa meilleure période, on est d’accord) qui lui offrit une poignée de chansons (mais pas I can see clearly now). 


Sorti en 1972, I can see clearly now fût également chanté en 1977 par… Claude François, sous le titre Toi et le soleil (on notera au passage la qualité du traducteur). 


Concernant Jimmy Cliff, Rasta Rockett est loin d'être la première incursion de la star du reggae disco dans le cinéma. En effet, comment ne pas citer l'excellent film jamaïcain The Harder They Come (Tout, tout de suite en français) dans lequel il joue le rôle d'un petit malfrat de rude boy dans le Kingston musical des années 70 et pour lequel il a composé une superbe musique (bien éloignée des Reggae Night et autres Hakuna Matata qu'il fera par la suite).


Et surtout n'oublions pas le chef d'oeuvre de l'année 1990, le bien nommé Désigné pour mourir (Marked for death) dans lequel le grand Steven Seagal dézingue du dealer rasta/vaudou jamaïcain qui sème la pagaille dans son village d'enfance (le méchant jamaïcain semblait avoir remplacé le communiste soviétique dans les films d'action de cette période transitionnelle de l'Histoire du monde puisque dans Predator 2, Danny Glover affronte également des dealers rasta). Dans ce film, on peut apercevoir Seagal aller voir Jimmy Cliff en concert.